Qu’est-ce qu’une décision de protection ou d’éloignement ?
Aux termes de l’article 4 de la loi n° 6284 relative à la protection de la famille et à la prévention de la violence contre les femmes, des mesures protectrices et préventives peuvent être ordonnées pour les victimes de violence ou les personnes en danger. L’une des plus fréquentes est l’ordonnance d’éloignement.
L’ordonnance d’éloignement oblige la personne ayant usé ou susceptible d’user de violence à rester à une certaine distance du domicile, du lieu de travail ou des lieux fréquemment fréquentés par la victime.
Des frais sont-ils dus pour une ordonnance d’éloignement ?
Les demandes adressées au tribunal de la famille ou au procureur de la République au titre de la loi n° 6284 n’exigent ni droit ni taxe. Selon l’article 20 de la loi, ces demandes sont exonérées de frais et de dépens.
Toutefois, si la demande est présentée par l’intermédiaire d’un avocat, des honoraires d’avocat peuvent être dus. Ils sont fixés selon le tarif minimal du barreau et la nature de l’affaire.
Une preuve est-elle obligatoire pour l’ordonnance d’éloignement ?
Il n’est pas obligatoire de produire une preuve concrète lors d’une demande d’éloignement. L’article 3 de la loi n° 6284 prévoit que la violence peut être établie par tout moyen, y compris la déclaration de la victime.
En raison de l’urgence, le tribunal ou le juge estime souvent la déclaration de la victime suffisante pour une mesure provisoire. Déclarations de témoins, certificats médicaux, procès-verbaux de police ou enregistrements audio/vidéo renforcent néanmoins la décision.
- Déclaration de la victime relative à la violence subie
- Déclarations de témoins
- Rapports de médecine légale ou d’hôpital
- Procès-verbaux de police ou de gendarmerie
- Enregistrements audio et vidéo
Durée et violation de l’ordonnance d’éloignement
L’ordonnance d’éloignement peut être prononcée pour une durée maximale de six mois. Elle peut être prolongée avant échéance sur justification. En cas de violation, une détention coercitive peut être appliquée selon l’article 6 de la loi n° 6284.
La violation peut également constituer une infraction au sens de l’article 123 du Code pénal turc. Une copie de la décision doit donc être remise à l’unité de police la plus proche, et toute violation signalée immédiatement.
